Le panier est vide

Lorsque je dis aux gens que je fais de la voile, on m'imagine posé avec un chapeau sur mon bateau à faire des ronds dans l'eau à boire de la bière et manger des chips à bord...sans blague!

Attention: il y a clairement un parti pris sur les supports dans cet article! Les adeptes du catamaran risquent de me détester ;-)

Je me permets de faire donc un article de présentation des supports pour expliquer ce qu'est en fait la voile parce que j'ai régaté pendant 25 ans sur dériveur et habitable, et que j'ai trop souvent entendu ce genre de remarques sur une pratique sans intérêt sportif. Certes cela fait 3 ans que je n'ai pas touché un bateau, mais croyez moi dès que j'en aurais l'occasion, je vais foncer! Pourquoi? Ben parce que c'est génial en fait! La voile combine à peu prêt tout ce que l'on peut attendre d'un sport:

1) c'est plus physique que ce que l'on pourrait croire,

2) c'est aussi un sport très technique,

3) c'est tactique (en régate ça cogite beaucoup beaucoup) et encore plus sur plan d'eau fermé (lac ou fleuve),

4) c'est en pleine nature (mer, lac, fleuve).

Quand on parle de voile, on imagine trop souvent la ballade pêche promenade ou encore le stage catamaran UCPA de nos enfants où finalement on ne fait pas grand chose à par boire des coups. La voile, ça peut être ça, oui... Mais il y a aussi la voile de compétition, les régates dans des conditions parfois difficiles que ce soit sur des supports dit "légers" ou en habitable. Je ne parle pas des courses au large parce que là encore, il y aurait beaucoup de chose à dire sur la difficulté et le coté particulièrement exigeant, tant sur l'aspect psychologique que physique. Non, je parle de la voile légère et des courses en petit habitable de 5-6m sur lac ou près des côtes. Ces courses aussi exigent un niveau physique et tactique très élevé.  Il ne suffit pas de s'asseoir dans un bateau de tirer sur une corde pour que ce dernier avance. Il faut regarder le plan d'eau, le juger, regarder comment le vent évolue, regarder les conditions de mer, adapter son bateau à chaque instant. Il y a des milliard de choses à faire pour qu'un bateau avance plus vite que celui de son voisin. Et ce milliard de chose à faire, il faut le faire vite et bien. Alors c'est à peu près facile lorsque le vent est faible (quoique dans ce cas la, il faut le faire avec douceur), mais lorsque le vent est fort et que le bateau manque de dessaler dans chaque virement de bord ou que la baume frôle notre crâne à chaque empannage, qu'il faut envoyer un équipier au trapèze, l'autre au rappel sur un bord de 1 mile et qu'en plus il faut maintenir un spinnaker bien réglé, tout çà dans deux mètres de houle avec un autre bateau qui à moins de 2 mètres entame une manœuvre sur laquelle il devient prioritaire en course... Eh bien c'est chaud! très chaud même! :)


49er en regate a la bouee au vent

Le catamaran:

Le cata c'est marrant, hahaha... non pas du tout en fait :-p . De mon point de vue, mais c'est purement personnel comme point de vue, je pense que c'est justement le catamaran qui a donné à la voile cette image d'activité pépère. Ne lui retirons pas non plus une chose importante, c'est probablement le catamaran aussi qui a fini par démocratiser la voile légère. En effet, ce bateau à deux coques est assez facile d'accès. Il existe certains supports de cata qui ne le sont pas et qui font de ce support un vrai bateau de course:  le Tornado, le Dart 18, le nacra 17..., d'ailleurs ce n'est pas pour rien que le Nacra 17 est un support olympique! Mais la grande fabrication de New Cat et des Hobie Cat avec leurs coques lourdes et stables que l'on retrouve dans 90% des écoles de voile a, je pense, donné à ce support une image de voile facile et familiale (c'est bien aussi!).

Perso, ce que je n'aime pas trop sur les cata c'est le coté "coffre fort" d'un bateau finalement peu maniable, qui va vite, certes, mais sans finesse. Des réglages trop minimalistes et sur les supports répandus dans les écoles de voile, une absence de spinnaker (même si je crois que maintenant même les new cat ont des spinnakers), qui rend les bords de largue à mourir d'ennui. Encore une fois, il existe des exceptions! Le Tornado  et le nacra 17 disposent d'un spinnaker, d'une baume et de dérives, ce sont des catamarans très maniables! J'ai même vu des mecs de l'équipe de France à Quiberon faire des virements bascules avec, si si!!! Je rêverai d'essayer l'un d'eux!

Catamaran Tornado

Vous l'aurez compris, je n'aime pas trop le cata, mais c'est un parti pris et en toute objectivité, ça reste un bon support facile adapté au débutant, au plus jeunes ou à des familles, et on comprend pourquoi on le trouve dans toutes les école de voile. Finalement lorsqu'on apprend à rouler en voiture dans une auto-école, on va faire ses armes sur une Formule 1! Et lorsque je dis que je n'aime pas, aujourd'hui alors que cela fait 3 ans que je n'ai pas touché un bateau, je donnerai cher pour naviguer, même sur un cata!

Le petit habitable

Il existe plein de support de petits habitables, je vais vous parler de l'un de ceux que je connais le mieux le 550 ou micro. Je le connais bien ce support, j'ai beaucoup régaté dessus en Ile de France mais aussi en mer. J'ai notamment eu l'occasion de régater sur Flyer, Zaba, celui sur la photo:

Flyer Zaba

Il y a en France une ligue un peu compliquée (j'avoue ne pas avoir encore tout compris) qui permet de naviguer en régate avec un classement qui dépend de son bateau. Chaque bateau dispose d'un handicap. A moins qu'il y ait des départs par vague/catégories, tout le monde part en même temps et évidement les bateaux les plus rapides parce que plus légers ou plus toilés, passent la ligne en premier, puis un handicap est appliqué sur le temps et le classement définitif peut parfois surprendre tout le monde. 

J'ai eu l'occasion dans la série "petit habitable" d'essayer plusieurs autres bateaux, le micro proto (comme son nom l'indique c'est un prototype qui n'existe qu'en 2 ou 3 exemplaires dans le monde), le micro gem et le microsail assez répandu. J'ai bien aimé d'ailleurs ce dernier.

microsail - 5m50

Lorsque l'on navigue sur ce type de support c'est essentiellement la technique et la tactique qui priment. Il faut être rapide dans les manœuvres, adroit, mais aussi doux et léger parce que mine de rien ce sont des bateaux assez réactifs. Coté physique, il peut être difficile de tenir un long bord au rappel, ça use les abdos sérieusement ou de tenir un spinnaker qui finit par tirer particulièrement fort dans les bras. De même l'équipier qui passe une partie du temps sur le pont à l'avant est parfois amené à être équilibriste. A la différence des cata ou du dériveur que je présenterai après, il n'y a pas de vraies sensations de vitesse, mais ça reste très sympa. L'une des autres particularités intéressantes de cette série, le micro, c'est que la jauge est libre. En gros, pour présenter un bateau en régate, il lui faut un poids minimal, une taille de voile, une longueur et puis c'est presque tout. Le reste est libre. Cela laisse donc le champs libre au bidouilleur pour installer sur son bateau tout un tas de choses qui lui permettent de le régler comme bon lui semble. J'ai d'ailleurs vu des trucs de dingue. Finalement c'est un super support avec une super ambiance de course! J'ai adoré, même si je reconnais pour le coup que c'est quand même plus tactique et technique que physique...Mais c'est surement là que j'ai le plus appris aux cotés d'équipiers et de concurrents géniaux dans la meilleurs ambiance!

Le dériveur

ahhhh... Il y a tant de bonnes choses à dire sur le dériveur (là aussi, il y a un parti pris). Et pourtant, on en trouve de moins en moins dans les écoles de voile, parce qu'il est moins accessible au débutant, et c'est bien dommage. Bien sur, on trouve toujours le traditionnel optimiste, celui sur lequel notre fiston de 6 ans tire ses premiers bords! Quel beau bateau pour enfant l'optimiste! Si petit, mais déjà tout plein de réglages partout et une assez bonne finesse de barre en plus. 

Bon après l'optimiste si on grandit, on se tourne vers l'Equipe, puis le 420, probablement le plus répandu. Un bon bateau école, ou l'on commence à jouer avec l'équilibre, garder le bateau à plat, quand il y a du vent cela peut paraître déjà très compliqué si l'équipage est léger! On découvre le trapèze et le rappel. Puis on continue de grandir, on passe au laser, au 470 et au 505. Le Laser est un dériveur solitaire, support Olympique, tout comme le 470 qui est dériveur double. Ce qui est intéressant sur ces bateaux c'est qu'ils mêlent de tout. Travail d'équilibre, finesse de réglage, maniabilité, spinnaker asymétrique, vitesse, sensation de surf (planning). On ne s'y ennuie jamais. Qu'il y ait du vent ou pas, sur un 470, il y a toujours quelque chose à faire! Pour le dériveur solitaire, on trouve donc le laser, un super support, très rapide et très planant, et si on tient à pouvoir tout régler sur son bateau, on trouve l'Europe...

Le dériveur, parce qu'il n'a qu'une coque, est particulièrement exigeant en terme de coordination de l'équipage lors des manœuvres, et exigeant aussi sur l'équilibre. On a très vite fait de passer à l'eau, parfois ce sont de vraies savonnettes. On y est constamment au rappel ou au trapèze, et cela devient exigeant physiquement.

470 contregite

 

Laser

J'aime le dériveur! :) J'ai du me séparer de mon 470, mais je compte bien y revenir à moins que je ne me laisse tenter pour une sous catégorie de dériveur plus... particulière...

les skiffs

Clairement, se sont des dériveurs, mais adaptés à la vitesse. Tout y est fait pour privilégier la sensation de glisse et de vitesse. Le plus médiatisé est le 49er, représenté au JO. Mais ce sont de vraies savonnettes pour le coup, les gamelles sont très fréquentes. A son apparition au JO, l'équipe de France de 49er a du s'adapter et râlaient parcequ'ils estimaient qu'ils passaient plus de temps dans l'eau que sur le bateau... L'équipe de France...

Ça devient clairement de l'équilibrisme et c'est aussi un sport que l'on pourrait qualifier d'extrême...

Dans la série des skiffs, on retrouve des skiffs solitaires aussi, mais le plus amusant est le double. J'ai essayé les plus simples le buzz, le 29er et le laser 4000. J'ai adoré le dernier! 

Laser 4000

Et dans le plus extrême on retrouve le 18 pieds australien. Je crois qu'il n'y a qu'un seul équipage en France... Mais c'est impressionnant!

 

Bon, je pense qu'après cette vidéo, si vous vous dites encore que la voile c'est boire des bières et manger des chips à bord, c'est que vous êtes de mauvaise foi! ;-)

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